Poser un kit solaire plug’n’play peut être une solution rapide pour démarrer son aventure solaire. Des préconisations sont à prendre, pour éviter les risques électriques, respecter la réglementation, avoir du matériel de bonne qualité…

Principe et fonctionnement

Un kit solaire Plug’n’Play est une installation photovoltaïque complète, prête à l’usage, se voulant simple. Il permet de produire de l’électricité pour un usage en autoconsommation totale.

Attention, dès lors que vous posez vous même le kit solaire, vous ne pouvez pas valoriser le surplus d’électricité en Obligation d’Achat (vente). Vous pourrez néanmoins le valoriser soit auprès d’un opérateur privé (achat de surplus, batterie virtuelle etc…) ou via une boucle locale en autoconsommation collective (don ou vente).

Un kit permet de réduire la puissance du “talon de consommation” : réfrigérateur, congélateur, VMC, veilles, pompes… qui peut atteindre plusieurs centaines de Watts.

Composition

  • Un ou deux panneaux photovoltaïques (puissance maximale 1000 Wc), produisant de l’électricité sous forme d’un courant continu (“DC”), production annuelle moyenne : 1 kWh/Wc/an en Hauts-de-France
  • Un micro-onduleur : il converti le courant continu en courant alternatif, en phase avec le réseau public. Il doit être équipé d’une protection de découplage intégré (ainsi si le réseau public est coupé, l’onduleur s’arrête)
  • Une prise de courant classique, pour brancher le kit =>Voir plus bas pour la sécurité électrique
  • Une structure de fixation => voir plus bas.
Liste complète d'éléments composants un kit plug'n'play
  • Panneau(x) solaire(s) avec connecteurs MC4 (+ éventuellement rallonge MC4 + outil de déconnexion MC4 pour le montage)
  • Micro-onduleur(s)
  • Câble AC (3G2.5) prise femelle selon micro-onduleur > prise mâle (230V 16A 2P+T)
  • Bouchon de terminaison AC selon le micro-onduleur
  • Matériel pour fixer le kit
    • Système de fixation (éventuellement vis ou leste)
    • Rails profilés + embout fermeture (+ éventuellement connecteurs de rails + vis)
    • Pince de fixation des panneaux centrale et/ou terminale
    • Vis + écrous (fixation micro-onduleur)
  • Connexion électrique
    • Griffe (type TerraGriff) pour mise à la terre des panneaux
    • Si mise à la terre des rails : câble de terre + vis autoforeuse sur les rails + cosses

Dimensionnement

Pour maximiser l’autoconsommation, un kit doit être dimensionné selon la puissance du talon de consommation. Puissance du kit (en Wc) = 3 x puissance du talon (en W). Dans cette configuration taux d’autoconsommation atteindra facilement les 80%.
Exemple : pour un talon de 200W et l’installation un kit de 600 Wc (qui produira donc 600 kWh/an), l’autoconsommation simulée est de 420 kWh/an (les 180 kWh/an de surplus sont injectés sur le réseau public).

Monitoring

Pour suivre la production d’électricité, certaines marques de micro-onduleur proposent des applications mobiles pour collecter/stocker/lire les données de production. Sinon, le kit peut être branché sur une prise connectée (type prise Shelly) qui permet de mesurer l’énergie produite.

Attention, le suivi de l’autoconsommation n’est pas forcément faisable. Il nécessite de vérifier le surplus injecté sur le réseau, avec un autre système domotique (pince ampèremétrique, ou EcoJoko), et de comparer les données avec le suivi de la production. Des solutions “tout en un” par les fabricants de micro-onduleurs existent, pour des investissements complémentaires de l’ordre de 200€.

Approche économique

Il faut compter de 500€ à 1000€/kWc selon les marques. Les kits plug’n’play sont aujourd’hui vendus dans certaines grandes surfaces de bricolage, ou dans des magasins spécialisés (dans la région on peut trouver MonKitSolaire et Civisol par exemple).

Les économies possibles dépendent des consommations, mais permettent en général 80 à 120€ d’économie par an.
Exemple : Kit de 600 Wc à 500€, économie de 480 kWh = 110€/an

Comment poser un kit

Comme toute installation photovoltaïque, il est conseillé de mettre le kit au soleil : vers le sud, en priorité ! Une orientation Sud-Est ou Sud-Ouest, voire Est ou Ouest est aussi possible, si l’inclinaison est inférieure à 30°.

Différents types de fixation existent. Pour rester dans le cadre réglementaire, un kit Plug’n’play doit être “mobile”, s’il est posé en façade, ou sur un toit, des contraintes supplémentaires arrivent (urbanisme, respect de la C15-100), voir plus bas.

Les 4 principaux systèmes de fixation

Châssis

au sol, sur toit plat ou en mural/brise-soleil

Fixations équerres MonKitSolaire

Vis double filetage

pour fixer des rails sur une toiture en tôle

Fixation K2 System

Crochets

pour fixer des rails sur une toiture en “petits éléments” : tuile, ardoise

Profilé

pour fixer des rails sur des toitures en bac acier

Les rails sont assemblés aux fixations, puis les micro-onduleurs et panneaux sont posés sur les rails et pincés fortement contre les rails.

Préconisation

Sécurité électrique

Côté matériel, les éléments utilisés doivent répondre à certaines normes :

  • Panneau photovoltaïque : classe de sécurité II au sens de la norme EN 61140 (protection contre le risque de choc électrique)
  • Micro-onduleur : protection interne de découplage, conforme à la norme EN50549-1

Un kit produit de l’électricité dès qu’il y a de la luminosité, soit toute la journée. Le dimensionnement des câbles électriques est important pour éviter toute surchauffe !
Un panneau sort un courant continu, sous tension 40V, et avec une intensité allant jusque 15A. Le micro-onduleur délivre un courant alternatif 230V, et une intensité allant jusque 4A.

Il est ainsi préconisé de brancher le kit plug’n’play avec une prise murale (230V 16A 2P+T au moins IP44) sur un circuit électrique avec un câble de section 2.5 mm² ou plus, protégé par un disjoncteur 20A et un interrupteur différentiel 30 mA.

Afin de protéger les sections de câble d’éventuelle surchauffe que le disjoncteur ne détecterait pas, la puissance d’un kit Plug’n’Play est limitée à 920 VA (sortie micro-onduleur) :

Pour des kits de puissance supérieure à 1000 Wc, le branchement électrique est spécifique, et un nouveau départ tableau est sécurisant.

Mise à la terre des kits Plug’n’Play

Le câble d’alimentation à brancher est équipé d’une prise Terre, et a donc le rôle de sécuriser l’entièreté du kit. Il convient donc, en amont de brancher le kit sur une prise de s’assurer que l’installation électrique du domicile est en bon état, et que les prises électriques sont effectivement reliées à la Terre.

Pour mettre tous les éléments du kit à la terre, il est important d’utiliser des griffes de mise à la terre pour s’assurer de la bonne liaison électrique entre les rails, le cadre des panneaux et le micro-onduleur.

Norme C15-100

Le branchement d’un générateur électrique (comme un kit plug’n’play) sur une prise de courant classique est interdit par la norme C15-100. Mais si le kit ne rentre pas dans le champ d’intervention du CONSUEL, il reste permis avec les précautions précités. Le CONSUEL est un organisme de contrôle des conformités électriques : toute installation électrique neuve ou requérant une modification doit être conforme à la C15-100.
Ainsi, la pose d’un kit Plug’n’Play et son branchement sur une prise existante n’entrent pas dans le domaine de contrôle.

Pour les kits de puissance > 1000 Wc, ou pour respecter la norme C15-100, CONSUEL a publié des recommandations pour les branchements électriques, et a identifié 4 types de branchements possibles : https://actualites.consuel.com/installations-autoconsommation/

Urbanisme

En cas d’installation du kit Plug’n’Play à +1.8m de hauteur, il est obligatoire de bénéficier d’une autorisation d’urbanisme. Une Déclaration Préalable de travaux est suffisante.

Raccordement

Un kit Plug’n’Play fonctionnera immédiatement lorsqu’il est branché. Une démarche administrative reste obligatoire : le raccordement au réseau électrique public. Deux cas sont possibles :

  • En cas d’autoconsommation totale, sans injection – cas le plus fréquent et facile -, une Convention d’AutoConsommation Sans Injection est à faire (CACSI). Ce format est autorisé pour toute installation de puissance inférieure à 3 kWc.
  • En cas d’injection réseau, ou de volonté de valoriser le surplus d’une quelconque manière (vente à un acteur privé, autoconsommation collective don ou vente), une demande de raccordement est à faire pour réaliser un Contrat d’Accès et d’Exploitation (CAE) au réseau.

Dans tous les cas, la présence d’un compteur Linky est obligatoire. Il sera aussi possible de visualiser les injections directement depuis le compteur.

Ajout ou extension d’une installation existante

Selon votre situation, l’installation d’un kit en autoconsommation peut être contrainte par une installation existante.

  • Cas 1 : vous bénéficier d’un contrat de vente totale en Obligation d’Achat auprès de EDF OA : vous pouvez installer un kit puisque l’installation en vente totale a son propre compteur d’injection
  • Cas 2 : vous bénéficiez d’un contrat en autoconsommation avec vente de surplus auprès de EDF OA : vous ne pouvez pas installer un kit en autoconsommation sans démanteler l’installation existante => les deux installations seraient branchées sur le même compteur et il serait impossible de distinguer la production à allouer à telle ou telle centrale de production solaire. Une augmentation de puissance de votre installation reste possible, à faire avec un installateur qualifié RGE, et un avenant au contrat d’OA existant (avec mise à jour des tarifs de vente de surplus au prorata des puissances déclarées).

Assurance

En amont d’un projet, il est recommandé de contacter son assurance habitation pour vérifier la prise en compte du kit Plug’n’Play dans les éléments assurés.

Intéressés par un achat groupé ?

L’association Solaire en Nord organise parfois des achats groupés de kits solaires. En vous inscrivant ci-dessous, vous serez recontacté à la prochaine occasion.



A venir : 

  • Tableau comparatif des fournisseurs de kits, distributeurs