Dans cet article, nous vous invitons à découvrir un usage inhabituel du tube de cuisson solaire, une activité de revalorisation de matières plastiques au service du design d’objets.
Tom Violleau est designer d’objets, mais pas n’importe comment : il a choisi de mettre de l’éthique dans sa pratique artisanale notamment en revalorisant des déchets de plastique.
Actif dans le réseau Do It Yourself local (Low-Tech Lab Lille, Fablab, Makers), cet enseignant à l’ESAAT à Roubaix a bien su repérer le potentiel des déchets de plastique issus de l’utilisation des imprimantes 3D.
Premiers essais
L’activité de revalorisation commence en 2020 par la réalisation de plaques à l’aide d’une presse à chaud. Les déchets plastiques sont fondus et fusionnent, la plaque peut alors être découpée pour réaliser des objets du quotidien (boutons, étagère murale…).
Mais voilà, tout ça consomme de l’énergie : 200°C minimum sont nécessaires pour fondre ces matières plastiques fabriquées à partir d’amidon de maïs.
Et si cette chaleur était produite avec l’énergie solaire ? Sensible à l’enjeu, et après quelques échanges avec Solaire en Nord, Tom décide d’investir dans un tube solaire pour fondre ses plastiques.

Ralentir à la course du soleil
Et le résultat est prometteur : le tube permet d’atteindre la température suffisante pour que les déchets plastiques ne forment plus qu’un objet. Après une heure de cuisson, l’objectif est atteint. Des patères ont ainsi été réalisées.



Et d’autres projets verront le jour assurément… quand le soleil le permettra à nouveau !
Car c’est aussi la philosophie de ce projet baptisé Solar Trash, se questionner sur notre société de consommation, du “toujours plus vite”. À l’heure où les ressources se font de plus en plus rares, prendre le temps de revaloriser des matières et ralentir notre production d’objets ne sont-ils pas essentiels ?
Solar Trash s’expose
Après avoir été exposé au Louvre Lens Vallée, Solar Trash sera de sortie le 19 novembre prochain à Roubaix lors de la journée de la Compagnie des Tiers Lieux, au sein d’une exposition autour des communs d’urgence. S’adapter, renoncer, résister : telle est la devise de cette journée, qui pourrait très bien s’appliquer à la filière solaire d’aujourd’hui.
Pour aller plus loin : https://tomviolleau.fr/
